Créations Vertueuses
Créations Vertueuses
Avril / Septembre 2011
Un premier accrochage d’une partie de la Collection
Quinze artistes et une vingtaine d’œuvres issues d’une partie de la collection sont exposés pour la première fois à l’occasion de cette ouverture de l’Institut Culturel Bernard Magrez à l’Hôtel Labottière.
Installées selon le principe d’un cabinet de curiosités, au gré des salons et des alcôves de l’hôtel, les créations de Martial Raysse, Benoit Maire, Nicolas Descottes et Dan Hays entrent en résonance avec les autres œuvres acquises ou commanditées à des artistes par l’Institut Culturel Bernard Magrez.
Ce parcours, qui inclut aussi des œuvres de Bernard Buffet, de Robert Combas et d’Andy Warhol, permet de confronter des pièces d’art ancien et une collection de bronzes animaliers à des œuvres de jeunes artistes soutenus ou en résidence à l’Institut Culturel - Laurent Valera, Marie-Atina Goldet, Benjamin Rolin, Julia Garret.
La thématique « Beauté et Résignation » qui constitue l’un des axes du programme d’acquisition et de commande à des artistes, est également illustrée avec des œuvres de Jean-Marie Périer, André Carrera et Paul Almasy.
«Au cœur de ce cheminement se déploie une interrogation fondamentale de l’artiste sur l’image : comment le portrait, y compris publicitaire, la figure du double et celle du miroir renvoient à une réflexion éthique sur le faux et le vrai, les vices et les vertus. L’archaïque, le classique et le moderne se confondent ici dans le contemporain pour une quête universelle à travers l’histoire et les territoires autour de questions inéluctables de la vie : l’espoir et la peine, la joie et la souffrance, le succès et l’échec, la vieillesse et la solitude.
Cette quête témoigne de valeurs humanistes de ce que d’aucun appelle « l’élite artiste*» : la volonté de se parfaire et celle de se distinguer, s’élever dans la mixité de l’humain. Elles se lisent dans la pluralité des formes artistiques dont s’enrichit la Collection Bernard Magrez : peintures, photographies, sérigraphie, pochoirs, œuvre vidéo, sculptures en bronze ou en verre soufflé et taillé, installations, calices, bouteilles de vin transformées en objets d’art. Même si l’Art Abstrait trouve toute sa place dans la Collection, cette sélection fait place nette à l’Art Figuratif qui représente ou déforme le réel, l’humain, l’animal et la nature. Un tel choix permet de témoigner de points de vue singuliers sur le monde, d’artistes rencontrés au fur et à mesure et confrontés aux opinions du collectionneur. Celui-ci qui « aime l’idée de la Collection et l’espace de liberté qu’elle crée » ouvre son propre journal de bord qui raconte ses découvertes et ses sensibilités nouvelles.
Guidée par la liberté et portée par l’intelligence de l’émotion, chaque œuvre choisie ouvre une fenêtre imaginaire sur le spectacle de l’ailleurs. Elle établit un aparté intime avec celui qui veut regarder et traverser ces portes ouvertes du cabinet d’un amateur. Elle fait apparaître d’autres images mises en mouvement par des sentiments compassionnels ou des paysages solitaires que l’on se surprend d’habiter. Les salons privés se transforment alors en un musée imaginaire en devenir dans lequel s’engage une conversation à trois, avec l’itinéraire mental du collectionneur, l’univers singulier de l’artiste et l’esprit d’un lieu semblable à nul autre pareil».
Ashok Adicéam, directeur
* Nathalie Heinich, L’élite artiste : Excellence et singularité en régime démocratique, Gallimard, 2005





















